vendredi 5 juin 2009









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Texte et Sculptures 
Jean-Claude RIERA. CARROSI.COLOMBANI














Parti des LOTOPHAGES, poussés par des vents éoliens en furie, accablés de fatigue ULYSSE et ses compagnons, dérivent sur l’immensité noire, dans la blancheur des ténèbres, pendant deux jours et deux nuits. Et quand la divine Eôs revint au matin du 3éme jour ; sortant de son manteau de brume quand l’éther fut dégagé, l’ile aux cyclopes apparue dans un suave parfum de lentisque et de pin. Ulysse et douze de ses compagnons débarquèrent pour chasser les chèvres montagnardes, et curieux de connaitre les habitants de cette île. Comme présent, ULYSSE emporta des outres en peau de chèvre pleines d’un délicieux nectar ; un vin que lui a donné MARRON le fils d’EUANTHEOS, vin très fort qu’il faut couper d’eau ; élixir enivrant d’un arôme inégalé.



A l'extrémité d'un long sentier ombreux, grimpant, sinueux, bordé de ciste et de myrte, et quant le sublime Hélios versant ses rayons de feu dépassa le zénith,ULYSSE aperçut un gigantesque cyprès, tout à coté une énorme caverne couverte à moitié d'un grand laurier aux branches chargées de blanches fleurs.



S'aventurant dans la caverne aux relents d'étable et de lait caillé, ULYSSE et ses compagnons découvrent parqués dans un petit enclos, un troupeau gracieux de jeunes chevreaux, plus loin dans l'ombre un large tapis de feuilles séchées, des énormes fromages rangés sur de robuste claies, tout prés de grandes jarres de terre vernissées débordant de lait; un feu finissait de brûler à coté d'un amas de longues et grosses branches de pin et de thuya, tout était gigantesque. Pressentant un danger ULYSSE demanda à ses compagnons de ne rien trop déranger.




De retour dans son antre POLYPHEME, poussant devant lui son grand troupeau bêlant, referma son antre d'un monumental rocher. Une apparition monstrueusement laide, un géant, un colosse, spectre hideux au long visage à la barbe hirsute, un oeil saillant rond luisant, qui bouge tourne et dans l'instant nous fixe.




--Que faites vous dans mon antre ? Qui êtes vous ? D'où venez vous ?
--Nous sommes des guerriers revenant de Troie, mais dans l'azur aux farouches volutes, des vents violents nous ont poussés sur le rivage détruisant notre bateau. Nous te demandons l'hospitalité le temps de réparer nôtre nef, les dieux t'en seront reconnaissants.
-- Tu es téméraire étranger ! tu viens de loin et tu me demandes de craindre les dieux ? je suis le cyclope POLYPHEME, je vis avec mes troupeaux, mon père est POSEIDON dieu de la mer, la très jolie nymphe TOOSA est ma mère.Nous les cyclopes nous ne craignons pas les dieux, nous sommes au dessus des dieux !




Et d'un geste violant POLYPHEME saisit deux compagnons d'ULYSSE, et les dévore comme un 'lion montagnard'. Remplis de terreur, épouvantés ULYSSE et ses compagnons se réfugient au fond de la caverne. Un rire plus puissant que le tonnerre résonna dans l'immense grotte, les effrayant encore plus.


Après avoir rempli son énorme ventre de la chair de nos malheureux compagnons, repu il but une grande mesure de lait de chèvre, rit de nouveau et se coucha dans le coin sombre sur son lit de feuilles séchées, affreuse grotte,caverne inclémente. C'est la fin de ce néfaste jour, le sublime Hélios versant ses rayons de feu, disparait lentement dans le liquide cérulescent de la mer.



Dans l'ombre profonde et noire, j'écoute mon esprit pensif, je souhaite ardemment la mort de ce monstre qui me remplit de terreur. J'appelle doucement mes compagnons sans la moindre réponse, j'en frissonne avec horreur.




Quand la divine Eôs revint au matin, il se dressa dans l'ombre et hurla, ralluma le feu, une ombre gigantesque se dessina sur la voute de la grotte, hurla à nouveau et d'un geste rapide saisit de son énorme main, deux autres compagnons qu'il écrasa contre la roche et les dévora comme une bête fauve; on entendit craquer les os de nos malheureux compagnon. L'anthropophage cyclope prit une écuelle de lait de chèvre qu'il but sans mesure, puis il écarta l'énorme rocher qui fermait l'entrée de la caverne, et sortit avec son bêlant troupeau.








Je réunis mes derniers compagnons pour trouver le moyen de sortir de cet horrible cauchemar, et venger mes malheureux compagnons. Mais comment bouger ce colossal rocher,une idée me vint en voyant un long tronc de pin fraichement coupé.Je demandais à mes compagnons de tailler une pointe à l'extrémité et de la durcir au feu. Et quand le sublime HELIOS versant ses rayons de feu disparut dans le liquide cérulescent de la mer, POLYPHEME revint ramenant devant lui son gras troupeau du pâturage.



Je sentais venir avec terreur l'instant de l'inhumain,l'impatience me dévora de venger mes malheureux compagnons, je demandais à Athéné d'exaucer mon vœux; je pris courage et m'approchais de lui, tenant dans mes mains une écuelle remplie de vin noir de mon outre. --Cyclope goutte à ce nectar des dieux, et s'il te plait je t'en donnerai à nouveau!









Il prit l'écuelle et la bue d'un trait, et me retendit l'écuelle à nouveau, il but le nectar avec une grande jouissance et me dit:
--Je suis plein de joie, ton vin me rend heureux, mais dit moi, quel est ton nom?...(le vin commençait à lui troubler l'esprit).
--Mon nom est Personne, tout le monde me nomme ainsi, Personne.
--Personne! et bien Personne pour le nectar que tu m'as offert, je vais te faire un cadeau! je te mangerai le dernier! Et d'un rire résonnant, l'ivresse triomphant de ses sens, il s'écroula ivre, saoul de cet élixir délicieux.



Épouvanté nous regardions cette énorme masse de chair,et cet œil luisant, qui roulait encore n'hésitant plus avec quatre de mes compagnons nous prîmes l'énorme pieux taillé en pointe, et nous l'enfonçâment profondément dans l'unique œil du cyclope avec force et terreur. Un monstrueux hurlement, un horrifiant cri de douleur rempli la caverne...De son énorme bras il retira le pieu ensanglanté, et cria tellement fort, que ses amis cyclopes accoururent devant l'entrée.



Pourquoi cries -tu ainsi POLYPHEME ?
L'herculéen cyclope du fond de la caverne leur hurla
--Amis! on veut me tuer, me plonger dans les eaux du Cocyte! C'est personne! c'est personne!...
Nul ne peut te tuer,puisque tu est seul avec tes brebis!...
Ils discutèrent, étonnés de la réponse de POLYPHEME, et s'en allèrent...sans rien comprendre.
POLYPHEME se tordait de douleurs, il avançait à tâtons vers l'entrée et souleva l'énorme rocher pour laisser sortir son troupeaux affolé par les hurlements de plus en plus forts du cruel POLYPHEME; il étendait ses longs et musculeux bras, et tâtait le dos de chaque brebis en hurlant--Vous ne pourrez pas sortir! je me vengerai!!!






Je saisis un énorme bélier et m'accrochais désespérément sous sons ventre à son épaisse toison. Sous d'autres béliers, mes compagnons en firent autant, la ruse réussie. Nous avions échappés à une abominable mort. Fuyons cette île aux sinistres cris et ses horribles anthropophages habitants.








POLYPHEME hurlait de rage et de douleur....









PERSONNE ! tu ne m'échapperas pas, je pense à ta mort ! tu te dérobes à ma force !
je t'écraserai la cervelle qui coulera çà et là dans la caverne ! et mon coeur se consolera du mal que tu m'as fait, misérable PERSONNE !...






Quand Séléné disparue de l'Ouranos étoilée et aussitôt embarqué dans la nef aux bancs de rameurs, la manœuvre du départ fût hâtive. Quand nous fûmes à bonne distance je lançais à POLYPHEME des paroles humiliantes:
--Cyclope! tu n'as pas respecté tes hôtes, ZEUS et tous les dieux t'ont puni! C'est un cruel et fatal châtiment !


De rage et de douleur, POLYPHEME souleva une gigantesque roche qu'il lança avec fureur dans la mer sans atteindre nôtre 'nef aux bancs de rameurs', je lui hurlai à nouveau:
--POLYPHEME ! Si quelqu'un te demande, sur la perte de ton oeil, qui t'as fait cela? dis lui que c'est ULYSSE ! Fils de LAERTES ! Dont les ruses sont fameuses partout, que la gloire touche au ciel,et qui habite l'île d'ITHAQUE







Avec encore plus de fureur, il arracha le sommet de la montagne qu'il lança telle une foudre, et qui tomba proche de nôtre 'nef aux bancs de rameurs', soulevant dans la mer, une gigantesque vague qui faillit nous chavirer, mais les dieux étaient pour nous.









































Dans l'azur du ciel, les vents de la mer nous emportaient vers l'arc CÉLESTE de l'aventure. La distance se fit encore plus grande, la nef aux bans de rameurs' volait sur les crêtes des vagues cristalines, vers la mer de SICILE. Le sublime HELIOS versant ses rayons de feu, disparaissait dans le cérulescent de la mer, aux vagues roses qui phosphorent, emportant ULYSSE et ses compagnons vers d'autres lieux, vers d'autres aventures. mais la colère de POSEIDON (le père de POLYPHEME) s'abattra sur ULYSSE.....Mais cela est une autre HISTOIRE.












HEUREUX QUI COMME

ULYSSE ......





Bibliographie

- Homère - L'Odyssée-Chant IX

Traduction de Leconte de Lisle (1867)


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